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Amis bordéliques, vos jours sont comptés.

Après les succès en librairie des gourous de l’organisation (genre Marie Kondo, « La Magie du Rangement », ma bible) voici le Bullet Journal, phénomène qui se répand à la vitesse d’une licorne arc-en-ciel au galop sur les Pinterest, Hellocoton et autres blogs à la typo léchée.

Si ce n’était qu’une nouvelle mode qu’on se contente de retwitter, passe encore. Mais c’est beaucoup plus que cela. La fièvre organisationnelle n’épargne plus personne et ses méthodes – puisqu’il s’agit bien du concept à la base du Bullet Journaling – font l’objet de débats enflammés entre les partisans de l’Exacompta bien aligné, les artistes du carnet Moleskine aux intercalaires mordorées découpées à la main, les adeptes du tout-technologique et leurs smartphones… et les autres. Et quand je vois le nombre de mes proches qui s’y mettent, j’ai assez peu d’espoir pour la survie de l’espèce des bordéliques.

Moi, j’ai un vieux machin à ma maison qui pourrait être l’ancêtre du Bullet Journal mais en très moche, très mal écrit, sans dessin ni niaiserie. J’y vais en moyenne une fois tous les 15 jours (voire tous les mois), juste pour lister les sorties que j’ai faites, les films que j’ai vus, les bouquins que j’ai lus et les recettes que j’ai faites et qui étaient bonnes. Comme j’ai une mémoire de poisson rouge, ça m’évite de lire 2 fois le même bouquin (généralement je m’en rendais compte à la page 70) ou de galérer pour retrouver la vraie bonne recette de la tarte au citron. Mais, visiblement, c’est un truc de débutant… et je reste fidèle à mon agenda.

J’ai soumis la question à ma pote Chouquette, reine incontestée de l’organisation donc experte toute désignée. Et, évidemment, elle n’est pas du même avis ! Alors, pour ou contre ?

POUR LE BULLET JOURNAL

Le point de vue de Chouquette :

Le Bullet Journal, c’est du temps pour soi avec un assistant sympa et à emmener partout – sans craindre de finir au prud’hommes.

Journal

Si ça vous donne pas envie d’être super organisé et d’abattre des tonnes de boulot…

Championne des listes en tout genre, hystérique devant le rayon des agendas, ceux-ci ne m’ont pourtant jamais franchement satisfaite. Néanmoins, nulle en graphisme, je ne suis spécialiste en dessin que de petits escargots sur skate board (chacun sa came, on a la classe ou on ne l’a pas…), j’avais peur de faire un truc moche, puis j’ai regardé la vidéo de Solange te parle, qui m’a décomplexée de la sobriété, surtout pour éviter la mocheté et dire bonjour à un esprit plus libre.

L’idée, c’était de faire quelque chose de pratique pour moi, avec mes demandes à moi, que ce soit un calendrier des anniversaires dans l’année, des listes en tout genre, et ça, et ben ça marche ! J’ai quelques semaines de recul donc autant dire que je ne peux pas dire ce que cela va donner sur le long terme mais à ce jour, mon bordel quotidien de projets est plutôt organisé ! C’est moi qui l’ai choisi avec soin et respect, y’a pas mieux.

PS : j’adore les cahiers et les crayooooooooooons !

Voici une liste (ouiiiiiii une LIIISTE !) de mes arguments pour :

– Le boulette journal est sexy <insert funny GIF here>

– Le boulette journal se tripote à l’infini… Ben au moins jusqu’à ce que tu n’aies plus de page libres, et même à ce moment là, si tu veux le garder sous le coude tellement il est top, j’ai envie de dire YOLO.

– Le boulette journal est bon pour ton couple : que ce soit la liste des courses, l’anniversaire de belle maman ou l’adresse préférée du/de la +1 pour aller chercher le cadeau qui lui ferait trop plaisir, tout est dedans.

– Le boulette journal, c’est pour ne pas oublier tes projets, même les plus vagues, ceux notés à l’arrache sur un bout de post-it, et qui deviendront jamais des trucs géniaux si tu perds ledit post-it !

Je ne dis pas qu’il est impossible de perdre le cahier, mais quand même faut le vouloir, quoi…

– Les bullets, c’est trop de la boulette ! Bullet, c’est le nom anglais pour les puces, et là encore, on choisit les puces qui conviennent pour les tâches, les tâches effectuées, les rendez-vous, le symbole d’un RDV ou une tâche repoussée… bref c’est génial.

CONTRE LE BULLET JOURNAL

Le point de vue de Latchetch :

C’est juste une occupation chronophage à base de crayons feutre et de carnets Moleskine et consistant à organiser l’organisation des filles déjà très organisées.

Bullet journal

Ouais c’est super beau, mais ça a surement pris 3 jours !

Finis les agendas et les post-its perdus entre 2 to-do-lists. C’est mort, has-been, tellement yesterday. Maintenant on a le Bullet Journal, la synthèse ultime entre les les psychorigides du DIY et de l’Exacompta.

A la base, c’est un cahier vierge que l’on customise à l’infini avec le planning mensuel, les rendez-vous chez le dentiste, les idées de cadeaux pour Noël, la bonne saison pour planter les butternuts, la recette du financier au matcha, les dates d’anniversaire des cop’s, les numéros de téléphone utiles, le prochain atelier shiatsu, mais aussi les dates des règles, la liste pour Auchan et le taux de conversion de la couronne danoise. Et tout ce gentil bordel BIEN RANGE avec des code couleurs, des puces, des symboles, des trucs surlignés, des intercalaires et tout. Donc tout ce qu’on trouve aujourd’hui sous Excel est désormais disponible dans un putain de cahier Clairefontaine. Je dis : chapeau.

On avait déjà eu droit aux grands albums de coloriages pour adultes, à Légo qui nous propose de bricoler une lunch-box avec les petites briques de Théo, 7 ans (ah ben oui, c’est bien hygiénique tout ça en plus, bravo les gars), ou encore aux tutos pour créer son doudous géant anti-stress en toile cirée. On vient donc de franchir une nouvelle étape dans l’objet régressif et encombrant avec cette créature probablement enfantée par des twee désoeuvrés (ou par Satan lui-même). Qui plus est ça marche tellement que le phénomène est massivement répété, amplifié et déformé par un bon million de blogs de poules qui vomissent des arcs en ciel de partout. Pour transporter toutes ces merdes ils vont bientôt inventer le tote-bag en BA13. Bon d’accord, le Bullet Journal peut tenir dans un carnet pas trop gros (à peine 5 fois le volume d’un petit smartphone), mais quand même, ce n’est rien d’autre qu’un Trello unplugged et tout seul, paye ta non-révolution.

Je me demande surtout : pourquoi un tel engouement ? Passer du .xls au coloriage à la main, c’est pour résister à la vague des working girls hyper-connectées en répondant par une solution slow et zen ? De plus, ça a l’air très féminin, cette occupation – pas mal, pour un concept inventé par un gars 🙂 Et les hommes, du coup ils auraient quoi ? Le Boulet Journal ? Ah ben oui, ça se tient. Pendant que madame colorie sa puce pour confirmer le rdv chez le gygy, monsieur glande sur le blog de Boulet

Bref, le débat sur l’utilisation du Bullet Journal reste ouvert. N’hésitez pas à apporter vos propres arguments (que ce soit pour ou contre) dans les commentaires.